vendredi 24 juin 2011

Critique - Ma Vie Balagan

Ce n'est pas évident de choisir quel sera le premier article d'un blog (à part la traditionnelle présentation). Il faut que le ton de ce que seront les billets suivants soit donné. Il faut qu'il plaise et que les lecteurs se sentent concernés, sinon ils ne reviendront plus.

Et bien j'ai décidé de n'en faire qu'à ma tête et je vais vous parler d'un livre qui m'a bouleversée. J'ai été touchée au plus profond de ma petite âme tranquille et je pense à ce récit sans arrêt. Les meilleurs 13 euros que j'ai jamais dépensés de ma vie: "Ma vie balagan" par Marceline Loridan-Ivens

Voici la présentation qu'en fait l'éditeur:

"Auschwitz en 1944, Saint-Germain-des-Prés en 1950, Pékin en 1968 : 
une vie de désordre, de provocations et d'aventures brûlantes.

Marceline Rozenberg, fille d'émigrés juifs polonais, a quinze ans quand elle arrive au camp de Birkenau le camp d'extermination du complexe d'Auschwitz. Elle en sort dix-huit mois plus tard, à la fois affamée de vie et blessée à mort. Elle épouse un beau garçon au nom bien français, le quitte, hante les nuits bleues des caves de Saint-Germain-des-Prés, entre au PC, claque la porte, porte les valises pour le FLN, s'engage pour l'avortement, prend risque sur risque... Rencontre le grand cinéaste Joris Ivens : une histoire d amour et de cinéma commence. La voilà au Vietnam sous les bombardements, à Pékin pendant la Révolution culturelle... Si les camps de la mort ont empêché Marceline de suivre des études, elle a su apprendre de la vie les leçons essentielles, et en a tiré une oeuvre cinématographique pleine d'audace et de poésie. Actrice pour Jean Rouch, coréalisatrice avec Joris Ivens, réalisatrice de La Petite Prairie aux bouleaux, elle a l'estime indéfectible de la critique et des cinéphiles.

Petite, rousse et frisée, Marceline Loridan a tout du lutin feu follet, trublion, cancre... Même dans le camp de Birkenau, elle fait des pieds de nez au Diable, vole une marmite de soupe, raconte des histoires drôles, se fait des amies pour la vie dont Simone Veil. Pas vraiment révolutionnaire, plutôt chahuteuse et dérangeante, Marceline n a jamais cessé de flirter avec la mort. Son rire a parfois les accents du désespoir ; elle s'amuse du bal zazou qui a précédé son départ pour Auschwitz, évoque le suicide de son frère, hanté par la Shoah au point de se prendre pour un SS, rend hommage à Joris Ivens, l'homme de sa vie dont le corps était « beau comme un vieux chêne »... Dans le récit de vie de Marceline, on ne trouve jamais de regrets, mais une infinie lucidité et une autodérision aussi salutaire que savoureuse."


C'est quand j'ai emmené les enfants d'une amie chez le dentiste, les attendant pendant 45 minutes dans la salle d'attente, que j'ai feuilleté un vieux Elle d'il y à quelques années. Au détour d'une page, j'aperçois un tout petit article, à peine quelques lignes, une vague description de toute la beauté de ce livre. Mais je n'en suis pas moins subjuguée car, je suis dans ma période "Je veux tout savoir sur le Vel d'hiv, Auschwitz, les ghettos et la collaboration du gouvernement Français." Alors, je note le titre et l'auteur dans mon Iphone et j'oublie totalement ce livre.

Puis un jour d'ennui, cette petite note me revient en mémoire et, ni une, ni deux, Amazon mon ami me trouve une copie neuve de ce livre. En quatre heures je l'avais fini. Quatre heures qui sont passées à la vitesse de l'éclair.

Jamais je n'aurai pensé pourvoir ressentir autant de paix à lire une autobiographie sur une survivante d'Auschwitz mais, le fait est que Marceline Loridan-Ivens n'a pas écrit ce livre pour faire couler nos larmes ou pour que l'on s'apitoie sur elle. Ce qui m'a le plus étonnée c'est le mot qui ressort le plus souvent au sujet de sa vie au camp: l'amour. Même si elle et les autres prisonnières ont vécu l'horreur, elles s'entouraient de beaucoup d'amour et se soutenaient les unes, les autres. Moi qui m'imaginais que c'était chacun pour soi...

Toute son histoire familiale m'a serré le coeur. Son père, décédé au camp, son frère et sa soeur qui se sont suicidés et puis son mari, Joris et leur vie ensemble. Quelle vie! Une vie de voyages, de découvertes, de protestations, de combats.

Je ne suis pas sortie indemne de cette lecture et je recommande vivement cet ouvrage plein de justesse, d'horreur et de bonheur.

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